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Utopie, dystopie; image statique, image en mouvement; palpable et impalpable; visible et invisible

Contexte de l'idée

Idée


La premise de ce papier s’ancre alors que Eren Can Lleri , mon interviewer dans le cadre d’une candidature pour une université américaine me demande ma faveur entre l’utopie et la dysphonie comme vectrice - dans le contexte de la création, de changement et d’impact. Quelques jours passent. Je me balade, sortant émotionnellement d’un succession de podcasts de France Culture intitulés “Haussman, un premier Grand Pairs (1/4) : Devenir un créateur”, “Place de la Bourse (1/4) : la Bourse ou la banque : un match historique” ainsi que “L’architecture, un concept en béton (1/4) : Un art archi utile”. Je suis sur le point de finir une de mes toiles et me questionne flânant dans mon quartier de Red Hook à Brooklyn, NY sur l’expansion de celle-ci dans le cadre de mes travaux précédents et futurs; sur mes interrogations en quête de solution sur une harmonie dans l’organisation du corps social, notamment du point du vue du financement de l’économie.


Utopie ou dystopie, image statique, image en mouvement; palpable et impalpable; visible et invisible : de grandes tours colorées; mes pas allant l’un devant l’autre alors que j’avais l’impression soudain de saisir une nouvelle portée pour la peinture. “Comment l’art peut-il proposer des systèmes” - ma question quotidienne; et comme celui-ci peut être à l’origine de son implementation. Questionnements ralliés dans mon récent projet collaboratif de publication: The Generator; art as the premise for policymaking.


L’année précédente, 2019 : dans une recherche personnelle des considérations qui étaient celles que je voulais élever dans mes travaux, j’ai réalisée la série photographique “En Alerte” (sous la tutelle de mon programme de photo-reportage à l’International Center of Photography)- “En Alerte” : série panorama des enjeux du monde dans une tradition de l’humour français certainement sarcastique.


L’image statique; mais la série. J’étais déçue de moi-même d’être incapable de formuler une proposition d’articulation pour un monde qui m’aurait semblé cohérent. “Si seulement j’étais cinéaste” pensais-je alors, “aller hors de la simple ironie d’un constat peut novateur”


Je marche, je réfléchis; et la peinture qui m’attends toujours dans ma tête et en acolyte mes questions sans cesse présentes qui se nouent et se dénouent : sur quelle essence doit s’articuler le financement de l’économie, quel cadre pour l’émancipation de l’individu à travers la société; et en questions conjoncturelles à mon quotidien: comment ancrer dans ces précédentes le financement systémique de la création à diverses ampleurs.


Je marche; repensant à une discussion de la veille avec mon ami et réalisateur Jean Fantou autour des thématiques de son premier long-métrage: sur fond de dystopie écologique - une question sur la vitesse du monde et ce que le ralentissement ramènerait quant aux possibilités de socialisation, de découverte de sentiments, etc, etc.


Utopie ou dystopie, quelques jours auparavant, Eren que je viens de rencontrer m’interroge sur lequel de ces vecteurs appliqués à la création le changement vers une forme d’idéal éthique, social, philosophique, artistique a le plus de potentiel pour prendre ses marques. Sur son silence; quelques secondes puis certainement un propos un peu mixé sur les apports propres de chaque médiums s’appliquant mieux dans un vecteurs que dans un autre.


Quelques jours plus tard, nous sommes aujourd’hui- je marche et ma peinture dans la tête je regarde l’architecture sous l’influence consciente des podcasts ayant traversés assidûment mon panorama auditif ce matin. “Comment celle-ci pourrait exister?” : phrase extraite d’un flux informe; réellement, je me demande comment la création pourrait exister comme projection visible immédiate. Qu’est ce qui empêche l’architecture banale ou quotidienne d’être moins dynamique que d’autres formes. Qu’est ce que cette absence, l’absence de merveilleux esthétique dans la rue veut dire et pourquoi est le cas. Certainement qu’une politique publique n’a alors jamais centrée son programme sur la création pour la panorama visuel de l’individu; mais sur ce point- qu’importe dira t-on.


Alors que marchant dans la rue, je ne vois en effet d’architecture à l’image des rêves que nous faisons tous- encore je me demande ce que cela veut dire quand au financement de l’économie; et quelles seraient les imbrications de celle qui nous permettrait de marcher ébahi. “Pourquoi chaque immeuble n’a pas son identité propre? […] son identité propre autant que ceux qui y résident”. Ne pourrions nous pas délocaliser certains des intérêts financiers pour marcher parmi de grandes sculptures habitables. Perplexe, insatisfaite de ma conclusion- je me demande “Quelles seraient les images défilantes?”… “les images défilantes”.


Sur ces mots; les nuages prennent une autre couleur et je me faufile dans mes raisonnements et la discussion avec Eren : utopie ou dystopie pour une création animée d’un idéal.


L’image statique : qu’elle soit abstraite ou non, est une réalité visible. L’image animée, elle : peut être une réalité visible - mais il me semble que c’est avant tout le développement d’une narration humaine dans un cadre.


Quelle ouverture entre utopie et dystopie ? (Mes raisonnement seront teintés de considérations d’un budget raisonnable propre à chaque référence de médiums)


Il me semble que la dystopie fonctionne pour le cinéma comme pour la compréhension de la microéconomie de l’individu; ce que fonctionne pour l’image statique comme pour la création de la macroéconomie.


Il est difficile pour une image de présenter les nuages de personnages dans leur complexité mais il ne l’est pas de proposer une vue qui pourrait exister dans un autre univers, ou dans ce même univers.

L’image statique aurait-elle intérêt à aller vers la dystopie ou l’utopie?

Je m’en tiendrais à dire que l’image statique à le pouvoir de créer des utopies effectives, qui deviennent soudain réelle dans le cadre qui les comporte et qu’ainsi elles deviennent proposition d’une possible représentation applicable.

Une image statique dystopique; d’un autre côté, ne pourra que mais rester un cauchemar incomplet- incomplet quant aux raisons des actions humaines qui ont fait advenir cette vue.


L’utopie est un optimisme, qui incomplet dans l’image statique, sous-entends uniquement le succès dans l’entreprise d’Hommes à avoir mis en place une projection de leur création.


Quelle serait une image d’un monde idéal: exacerbant la réalité dans une utopie sur-créative de réalité ou de futur? Il me semble que l’image statique peut créer ce monde, où l’entente entre les individus venant de soi de part le vecteur de l’utopie; permet alors au spectateur de se demander simplement si le système qui a permis de mettre en place cette image serait applicable. En effet, encore une fois; il me semble que l’utopie dans l’image statique, sous-entendant un succès laisse son spectateur dans la question de sa capacité non pas à croire, mais à partager la vision de ce système. Photographie, peinture; je dirais que ces médiums ne peuvent alors proposer des modes d’interactions mais qu’ils peuvent présenter des décors qui les sous entendant, laisse entendre leur possibilité.

Combien couterait la Villa Radieuse de Le Corbusier, vision idéaliste - à peindre, pour montrer une forme d’organisations dans la socialisation d’individus partageant une communauté, un espace? Pourrions-nous l’adopter de part sa clarté?


De l’autre côté, prenons l’image animée : mon propos étant cette fois teinté encore de questions budgétaires mais également de l’urgence de la création, combien couterait un film mettant en scène une vie dans une version aujourd’hui novatrice de la Villa Radieuse (attelée à tout cela les prix des outils liés à la création d’une ergonomie de cette vie différente.) Pourrions-nous l’adopter de part sa clarté? Une autre question traitable ailleurs étant : n’y a t-il pas parfois un sentiment de satisfaction déjà confortable dans le cinéma, l’image animée narrée de manière générale- à avoir été témoin en tant que spectateur déjà, de cette possibilité d’un système à naître, survivre et s’émanciper.


L’idéal porté par une image statique dans tous les mystères et les ouvertures qu’elle renferme ne pourrait-elle pas être plus créatrice de désir individuelle et collectif par la mise en réalité de cette vue?


Constat simple comme premise de transition : le cinéma, dans un système d’urgence de proposition accessible, n’a que peu de moyens de créer des utopies. Cependant, le cinéma, l’image animée - renferme ce que l’image statique ne peut que modestement révéler: les vas et viens émotionnels de chacun et les découvertes profondes. Le cinéma, lui, dans ce qu’il possède d’intrinsèque, cette inquestionnable perception de réalité organique; et cela qu’importe le genre auquel il s’associe; peut transmettre avec justesse et sophistication les raisons des distortions de l’individu et de l’échange entre individus et groupe- par la création métaphorique exacerbée des choses qui l’ont transformé dans cette direction.


Utopie, image statique; palpable; visible pour proposer les visions de réalité idéale - et dystopie, image en mouvement, impalpable et invisible pour mettre en lumière des défauts systémiques qui influent sur ces individus et ces groupes d’individus; qui nous ôtent de notre intention humaine de création.


Dystopie: l’image en mouvement à la dissection de distorsions. Utopie : l’image statique à la création des espérances du visibles.


Références à des travaux personnels :

Peinture

Série photo "En Alerte"


Références extérieures :

Haussman, un premier Grand Pairs (1/4) : Devenir un créateur

Place de la Bourse (1/4) : la Bourse ou la banque : un match historique

L’architecture, un concept en béton (1/4) : Un art archi utile”

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